La Chevalière en France

Le port de la chevalière sous l’Ancien Régime, est empreint de toute une symbolique, révélant le rang social et culturel de celui qui la portait, jouissant d’une légitimité héréditaire.  Elle ne pouvait se transmette uniquement que de père en fils, ce privilège étant réservé à l’aîné de la famille. En effet, la chevalière marquait de son sceau, l’appartenance à une certaine noblesse, considérée souvent comme supérieure.

Pour ces familles nobles porteuses de titres, la règle en la matière était la suivante: seul l’aîné mâle pouvait porter la chevalière à l’annulaire gauche. De plus, la gravure de la chevalière doit comporter la couronne correspondant à son titre. Les puînés doivent l’arborer sur l’auriculaire droit ou gauche indifféremment, sans couronne mais avec un heaume. Les damoiselles, pouvaient porter la chevalière aux armes de leur père dans un losange (sans timbre). Les épouses, quant à elles, d,evaient arborer les armes de leur époux dans un ovale (sans timbre). Pour les familles non nobles, dites parfois bourgeoises, le système est le même, mise à part les couronnes et les heaumes qui sont réservés à la noblesse.

Le port de la chevalière et ses emblèmes, a été après la révolution, souvent stigmatisé par certains milieux antiroyalistes et anticléricaux, et l’est parfois encore aujourd’hui. Le port d’une chevalière n’est plus forcément rattaché à la revendication d’une ascendance noble, ou bourgeoise et encore moins à l’image et aux idées présupposées que l’on pouvait prêter à ces classes. Les possesseurs d’armoiries portent d’ailleurs souvent les armes de leur famille rehaussées sur leurs chevalières, par fierté et tradition, sans y attacher de quelconques idées religieuses ou politiques.

Les us et coutumes de l’Ancien Régime ne s’appliquent plus (officiellement) en France depuis plus de 200 ans. Le port de la chevalière au fil du temps, a été banalisé. Ainsi porter de nos jours une chevalière, est du domaine du possible, pour  tout le monde. Elle peut être révélatrice de divers passions, affectueuse, pour l’histoire, pour une grande époque, ou une volonté de se réclamer d’un attachement de l’un à l’autre ou alors à de certaines valeurs et traditions familiales ou bien encore à l’appartenance de clubs ou cercles humanistes ou philosophiques.

Cet article a été écrit par Raoul Bondi.

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